dimanche 16 avril 2017

HEARTBREAK HOTEL

Chant vingt neuvième – « HEARTBREAK HÔTEL »
- Version courte –

Por ch’ thiot Jin-Pierre Jòrdin

De nos vies, tresses de nod vies, toi, truelle De nos vies, nausée de nos vies, caisse de Nos vies, chanvre de nos vies, jaune de nos
Vies – par le bec de l’orphie, par la baie De L’Authie – par la tétine du bleu du ciel Lucie viendra – Lucie viendra – Lucie viendra.
Ivar Ch’Vavar

Pour nous rendre à Douai, avec Lucie, nous avons pris place dans ma bagnole ; avant de démarrer, j’ai appuyé sur le bouton on de l’auto-radio-lecteur de cd. Via Radio-classic 21, Elvis Presley commençait à chanter Heartbreak Hôtel * ; 


immédiatement Lucie me confie – J’aime ça ! C’est bien Elvis Presley ? Du tac au tac, je réponds – OUI ! C’est Heartbreak Hôtel. Lucie ne parle pas l’anglais mais il m’a semblé judicieux de lui donner la traduction du titre – C’est À L’HÔTEL DES CŒURS BRISES. Et alors elle a eu un immense sourire…

*Mais j’ai toujours préféré la version… - piano-fendu-solo - …par John Cale.


- Version longue – EPONA & Dzyrh AU CIMETIERE
À la mémoire de Didier B.

En regardant le calendrier j’ai vu que c’était la fête de l’Immaculée Conception, pourvu, Seigneur, qu’elle accepte de nous tendre une main secourable. …J’avais le palpitant qui dansait la gigue et les mains secouées par des tremblements.
– Extrait de « Sur ta tombe » de Ken Bruen.-

Quand Dzyrh partait de Cambrai pour aller chercher à L’Hôtel de cœurs brisés de Douai, Epona, la farfue qui aime les chevaux, Radio-classic diffussez Honky Tonk Woman des Rolling Stones… 
- Honky Tonk est aussi un film remarquable de et avec Clint Eastwood, dans lequel est raconté la fin de vie d’un tubar de vieux chanteur de country qui part… avec son neveu à qui il offre un voyage initiatique. …Pour enregistrer quelques dernières chansons poignantes avant de mourir.
Dzyhr, au volant de sa bagnole d’invalide des rue, se sentait à nouveau comme un Jack Kerouac de la vieille Europe… - dixit Myrddin - …en emmenant Epona pour la toute première fois sur la tombe de son père enterré, il y a juste un an, à la petite terre dormoire d’une petite ville dans du Breacon…
…Epona & Dzyhr ont tourné et retourné, main dans la main, sur la petite terre dormoire, avant de trouver la tombe… - Pas de croix ! Ni de pierre tombale ! Ni de plaque ! - …Ils ont fini par trouver un petit monticule de terre aride de la taille d’un cercueil… Epona s’est effondrée à genoux en sanglots, tout en tapant de ses p’tits poings la terre désséchée… - Tandis que dans le dessous des os du crâne de Dzyhr résonnaient une nouvelle fois encore les vers de Dylan Thomas, à son père mort : 
DO NOT GO GENTLE INTO THAT GOOD NIGHT / OLD SHOULD BURN & RAVE AT CLOSE OF DAYS ; / RAGE, RAGE AGAINST THE DYING OF THE LIGHT… - N’ENTRE PAS SANS VIOLENCE DANS CETTE BONNE NUIT / LE VIEIL ÂGE DEVRAIT BRÛLER & S’EMPORTER À LA CHUTE DU JOUR ; / RAGER, S’ENRAGER CONTRE LA MORT DE LA LUMIERE…
…Puis Epona s’est relevée en larmes et le ciel c’est ouvert et a commencé à pleurer dans la chaleur de l’été commençant… Alors Epona est venue se blottir, toute sanglotante aux creux des bras de Dzyhr qui lui aussi pleurait… - Kloé, Dzyhr a pleuré car CELA pleure aussi un « vieux » punk ! - …Puis Dzyhr s’est détaché d’Epona, s’est éloigné doucement pour laisser Epona parler à son pére…
…Plus tard, ils ont retrouvé la route pour le retour à Douai… - Après avoir été se restaurer un peu - …Epona s’est assoupie… -Après avoir mis un disque d’Elvis Presley dans le lecteur cd - …Tandis que Dzyhr conduisait en silence…
…De retour à Douai, le ciel était si lumineux ! Epona & Dzyhr ne pleuraient plus… Et avant que se referme la porte de L’HÔTEL DES CŒURS BRISES, Epona… son visage était si lumineux ! …a eu, en guise d’au revoir, un vaste geste de la main et un immense sourire afin de saluer Dzyhr.


Dzyhr quand il fut de retour dans sa tanière de Loup, a éprouvé de relire une note de 1944 du Poète serbo-croate Dusan Matic : Il y a une vérité de la poésie. Il est vrai, cette vérité ne prouve rien. Elle n’est pas la vérité de la vie. Elle ne sert à rien. Il est bien qu’il en soit ainsi. Mais elle a parti lié à la vie. Coup de sonde dans l’infini, rire dans l’abîme. Plongée dans l’essentiel. Son flux et son reflux. Miroir du monde. Miroir déformant, mais miroir. Tu peux le déchiffrer mais ne peux le briser. Tu peux la briser mais ne peut pas la déchiffrer. Non, tu ne peux pas la détruire. Elle existe à sa manière. Poétiquement. Mais la vie, à sa manière s’infléchit vers elle, en passant. En passant ? Mais tout n’est-il pas que passage : les cristaux et les nœuds du passage. La Vie.

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samedi 15 avril 2017

LE BLUES DE FÈS

SAISON QUATRIÈME : CONTES & AUTRES RECITS


Chant vingt huitième – LE BLUES DE FÈS où le bas troué d’un message.

Au souk des cieux, elle danse sur le blues de Fès. Elle chante : Je suis l’absente en pointillé. Celle qui au bout du bout du chemin ne désire pas demeurer dans les odeurs de la toilette finale.
Ffarwel I Bwthyn Fy Nain !


Priez pour eux ! Voyez le bas collant trouée de ce message qui donne à se coiffer d’un vent juif qu’invente à souffler John Zorn pour la ronde innocente des enfants nus d’Henry Josep Darger, jr. Silence – blanc -. Je m’en retourne aux alizés d’Orient. Ils m’interpellent de par les voix d’Aziza, Ali, Ahmed, Jalal et surtout Asrhaf. Ils me réconfortent à la paix fraternelle des justes en l’au-delà de Khurbn.


Aucune tête pensante armée ne m’apprivoise. CELA serait contre le rire en étincelle de Louve Bleue-NUIT. Elle annonce : Je suis d’aucune apparence ! Je l’accueille de la sorte en le paysage de son visage. Je me déborde dans l’effacement, je m’efface dans débordement… Pour qui chantes-tu, Homme invisible ?


Deux diamants, dans l’histoire d’une amoureuse tendresse, ne sont plus que virtuels. Par l’au-delà des xylophoniques résonnances des résonnances des vieilles langues de la robe de l’Europe, ils ferment à l’unisson le clapé à Hollywood.
Le saxophone remonte la colonne vertébrale cuivré de la nuit, je me souviens très bien. C’est CELA ! Tu m’as compris ? Le temps, aujourd’hui, serait inscrit aux feuillages des saules pleureurs ? …Tous ces moments peut-être dont NOUS parlons aujourd’hui… Pour NOUS, il n’y a rien à partager sauf le passé. Tous ces moments perdus qui ne reviendront jamais… jamais… JAMAIS**.


Mais je ne chante pas pour Europe, ni Hollywood, ni ce temps d’aujourd’hui inscrit aux feuillages des saules pleureurs… Mon blues est celui de l’Homme devenu Invisible à tous les jeux de je. Mère des pleurs, ma religion est Musique, s
on hôtel nos carcasses.
Ô ! Croyez-moi Sainte Mère des pleurs. J’écris sur la frise frileuse d’un piano édenté. Rien de plus, rien de moins.
Homme Invisible, pour qui chantes-tu ?


Flarwel I Bwthyn Fy Nain !


*Au revoir la ferme de ma grand-mère !

**  Extrait de Song for Europe. Chanson de Roxy Music du second album : Stranded – 
1973-

jeudi 13 avril 2017

CANTROÙLI POR ECH'L ABLUHITE EDZEUR CHES KHONORINS QUANTT ECH DHIAPE I LL 'ÀROT DIT.

SAISON QUATRIÈME - CONTES & AUTRES RECITS


Chant vingt septième – Cantroùli por ech’l abluhite edzeur chés Khonorins quantt ech dhiape i’ll' àrot dit. Chant sacré pour qu’advienne la révélation lumineuse sur ceux qui n’ont plus la connaissance.

Ecardes dech douckdouck in fàrnazie ed chés pènas à ch’clor,… / (abluhites dech’l époutreu ech’l ébardleu Dzyhr) / à mi qu’os s’àrnonchèches, ej su Dzyhr Derwydd, ch’l émormleu ed chés seurtèys. / Ej su chl’àrck-Abranm dech ciu, ej su cheule croézèye d’chés thiots piéchintes dech débout. / Coére, étou ej su ch’ pati bleux, màrouleusemint frèche pi yeu.iche, ch’ pati bleuw màrouleusemint tout déployèy / Eque pon in trézawis’mint i n’ pùt së nnin rafarder. / Ej su Ayayayaya, chl’àirignie d’cheule saprèye pétchèye ed chés Khonorins, / Ej su chl’épavoedèy pi innarsè nhiàr ed chés Khonorins. / Adon laù, ch’ét cheule nworte agaÿante pi gàrbourioeuse càrchéle ; /Tàrtous’ dévalé chi din chés papàrs inplokèys, / Vius pàrchonnhiéys écàrvintreus, qu’os s’àrnonchèches a mi, ej su chl’émormleu-époetreu ed chés seurtèys, Dzyhr Derwydd. / Takavir ! Chés nsékos qu’ nozoete tertous in-hui àrcordons, i soutcho’të djaù, / Edvint ch’étot l’ déflipotage : ech douckdouck m’infutaint din sin écoulmint, ej démucho qui étot àrnouvlainche. / Ech douckdouck, kminchmint dech poepraje su kminchèy, éto ch’ti del nworte agaÿante pi gàrbourioeuse càrchéle ; / Ej’ déssake, j’àrtrét un nséko débotchaint dech coranjhe del nworte agaÿante pi gàrbourioeuse càrchéle ; / Trézawizant insin, jë l’ sé bin, qu’ej déssake cheule voésse del nworte càrchéle. / Oh, chi qu’mi, ej m’edvise mâl, eque chl’apréche ed cheule foete qu’ale peuche néthié m’foete à-fét. / Du moùmint qu’cheule foete ch’étt à-coese eque mizoete ej sutt un Khonorins, bin ch’étant qu’cheule foete ale néthiche em’ foete pour chaùqu’ale aù du neu. / Chés vius crateus, oetjours ingravèys, dépieul’të coére l’ nake- - / Vné chi-laù, vius pàrchonnièys écarvintreus… / …Ej su parélh à ch’solél dell àrnouvlainche ! / T :éte ed cocriaco dell àrnouvlainche din l’douckdouck, noér agaÿante écolaje é-pi ‘rwète min wal-braù muché edpa drière ed tinn ëdzir. / Cheule souvenanche, à coese équ’ale ét toudi laù, ale ét l’ coese ed tous noùs bérluzries à mi, à li pi à coére ti. / Chl’apréche del bérluzrie, nozoetes-târtous’ ale foèt berloké. / Ch’étt insin ! / Quaintt à pu rin buzié edpa chl’ éblérâjhe. / Vlaù qu’ cheule nworte agaÿante pi gàrbourioeuse càrchéle / Foét poùrtréture su l’ corte de mn’ arainghe… / (é-pi cheule nworte gàrbourioeuse càrchéle n’ét pon si agaÿante eque chau !) / …Epi mi ëj l’ cante Ayayayaya ! Chl’ àirignie… por echl’ abluhite edzeur chés Khonorins quantt ech dhiape i ll’ arot dit.



Traduction française de la version originale picarde de ce chant sacré.

Chant sacré pour qu’advienne la révélation lumineuse sur ceux qui n’ont plus la connaissance.
Eclats du frénétique battement du cœur des ailes au crépuscule,…
[éclats lumineux du fouleur, l’écraseur Désiré]
…abandonnez vous à moi, je suis Désiré Voyant-du-chêne, l’écrabouilleur des certitudes.
Je suis l’arc-d’Abraham, je suis la croisé des p’tits chemin au final.
Encore, je suis aussi la pâture bleue, amoureusement fraîche et humide, la pâture bleue amoureusement toute dépliée dont aucun clair entendement par ruse ne peut détourner.
Je suis Ayayayaya, l’araignée de l’équipe sacrée de ceux qui n’ont plus la connaissance.
Je suis le loufoque enflammé nouveau-né pleurnichard de ceux qui n’ont plus la connaissance.
Donc, là, c’est l’effrayante et ensorceuleuse crécelle noire ;
Tous, ici, descendez dans l’image contaminée d’un enfant vue dans l’œil d’un autre, vieux éventreurs complices de meurtres,
Abandonnez-vous à moi, je suis l’écrabouilleur-écraseur des certitudes, Désiré Voyant-du-chêne.
Stupèfiant ! Ce que nous apprenons aujourd’hui existait déjà auparavant le fil se déroulait : le battement
me glissant dans son flux, je découvris qu’il était mutation –
le battement, origine du langage à l’origine, était celui de l’effrayante crécelle noire ;
j’énonce, exprime quelque chose survenant de l’esprit de l’effrayante et ensorceleuse crécelle noire ;
entendant clairement par là : je le sais bien que j’énonce la voix de la crécelle noire.
Oh, si moi, je m’exprime mal, que l’ardeur de la faute suffise à excuser ma faute.
Si la faute c’est parce que je suis de ceux qui n’ont plus la connaissance alors qu’à moi la faute s’excuse puisqu’elle anticipe !
Les vieux couteaux, autrefois enterrés, découpent encore l’institution.
Venez ici, vieux éventreurs complices de meurtres !
Têtes de coq de la mutation dans le battement, effrayant noir enseignement fantastique puis vois mon bras d’honneur caché dans le dos de ton désir.
Les souvenirs, parce qu’ils sont toujours présents, sont la raison de mes fautes, des siennes et des tiennes aussi. L’ardeur de ta faute, nous autres tous, nous fait tituber. C’est ainsi !
Quand à l’oubli, impossible !... – la faute, elle est offerte par l’inattention. Voilà que l’effrayante et ensorceleuse crécelle noire prend forme sur la corde de mon discours… *
[puis l’ensorceleuse crécelle noire n’est pas si effrayante que cela !]
…et moi je la chante Ayayayay ! l’araignée… pour qu’advienne la révélation lumineuse sur ceux qui n’ont plus la connaissance.

Par Désiré Voyant-du-chêne/Edzyr Derwydd et dans l’espoir d’exorciser la malédiction « Bienvenue chez les chtis ». Ce chant est une ludique tentative d’adaptation cocasse, très personnelle, en picard chamanique d’un extrait de «  LA VOIX DES KARAW » ; spécialistes d’une pratique complexe où se mêlent le symbole & la voix. « Les KARAW (singulier : KARA) sont des maîtres initiatiques de la secte Kore des Bamanas […], dernière d’une série de six sociétés secrètes dont les membres accomplissent une sorte d’union mystique avec l’être divin » (Judith Gleason).

Pour un éclairages supplémentaires, consultez la formidable anthologie de Jerome Rothenberg : Les Techniciens du sacré. (version française établie par Yves di Manno) et paru aux éditions José Corti.

samedi 8 avril 2017

DUSKA PU D'HUIT-CHINT MÈTES DË M'MÀZON

QUATRIÈME SAISON - CONTES ET AUTRES RECITS



Chant vingt-sixième – duska pu d’huit-chint mètes dë m’màzon

Pon core chincante-quate aprézeuts pi jikèy in hoet d’un médicamintal mont d’férales é-pi d’béton, j’èy idèe qu’ch’ét mi qu’j’évacu pair min cu tout ch’brin à zz’oetes, à tous chés jins. MIE CRUYÂBE ! Chele fènme, el famile, chés caùmarades d’ovrache – pon pàrsonne i n’sanne prinde tout l’long pi l’larghe dech qu’i arive : eque j’èy un conjé « thérapeutique » pi por un sécant mos ! Més deux mins neu.èyes dri:ére em’ cawete, cha n’ét pu alintor ed mizoete eque j’àrwète, mé din ch’noir puch d-u qu’més pores neurones i vion’t’ é-pi bzin’t’. Ech vrèpe-chi,, jikèy in hoet d’min médicamintal mont d’férales pi d’béton, chin qu’ej veu, ch’ét wardé greu, pi saké ddin duska qu’j’éche mé in t:ére ech long leuwate cadabe dë m’vie.
Tant-pire por chés «dégâts collatéraux», conme dis’të din ch’poste, eque pétète i ny’airaù : pace qu’i foet qu’mizoete ej foiche récapé ARTH, ech graind ro qu’i ét racouvtèy din mi. Ch’étant, ej mét in t:ére ech cadabe, granne caronnhe, au piè dech mont tout pouant qu’i monte duska pu d’huit-chint mètes, por li s’apoéyé conte chés murs dë màzon.



J’airo peu coujir ech balache, ou-bin core chele chinm’tiére el long dech canal, ou core chele voyète intre ech’l église pi chele voie-férèye, mè jë zz’èy ed tro kér chéz indrots-laù… Oz i démuche tout ch’qu’o veut, à condicion dë n’pon caché à-rien d’é-spécial… Adonc, cha n’srot nin bioe d’alé zz’inpouté ack ech cadabe d’ènne vie.
Jonnome, j’avo vrèmint kèr corir in short duska ch’balache, pon foke por àrwét:é broulé chés grands fus qu’i pouo’t’ la rache pi àcouté à zius freumèys, oeréles granne-ouvértes, chéz émioelètes qu’i lù chapayo’t’… Inhui i n’y’aù pu d’fus mé dz’inchinérateurs gayants, pi zz’émioelètes étou i sontt in vo. M écha inpoute toudi pairél, core puke, mènme ! Pi o peut core, quand qu’o fét ch’tour in ravizant bin tout-pairtout, démuché dés nsèquos. Quand qu’j’èy détoepèy ènne nsèquo conme chaù, ej fé toudi l’mènme cose, ènne soerte ed ritu.él… Jë m’rafule bin més caveus conme si qu’j’alo à la file, ej rake din més mins pi jë m’frote min ravizoir un boin coep, pi la-dzeur ej répète tro fos :
« I n’airont nin m’pio ! Pi un d’chés quate i vont vir tàrtous’ ! »
« I n’airont nin m’pio ! Pi un d’chés quate i vont vir tàrtous’ ! »
« I n’airont nin m’pio ! Pi un d’chés quate i vont vir tàrtous’ ! »



In véritèy, méte in t:ére ech long leuwate cadabe dë m’vie, ch’t’ènne vérzinke qu’ale toerne in mi edpu lonmint, toerne su li-mènme. Ech quèche-quo-kmint delle afoére dech cadabe-laù, ej n’é mie l’tenp dë l’raconté, sains conpté qu’au bout cha n’arainjrot rin. O n’peut mie pàrde es’n éxistinche por un cadabe ed vie. Nin ! Jë n’veu pon pàrde em’n éxistinche por énne nsèquo insin, foke pace eque j’èy fringalé dzeur ènne istoire d’anmoir ej m’in va lùz àrfére lù rétoir à euzoetes, ej m’in va rinbuké din tous lés sins duska qu’ech pé:izache qu’i soiche canjèy, attindé !
Je l’sé bin qu’déssaké m’gozète pi més balosses toutt in m’àrtornant por lù moutré min cu , cha n’sàrvirot pon a rin – Ch’qu’i forot aroyé ch’ét chele GRANNE DETOULE, ell ESPLOZION, ech BONBARDËMINT, chl’éfonde qu’a s’éclikraù tout-d’flouck conme unn àrtour ed divizions Panzer ! I peu’të prépairé lus cairètes por leuz in-d-alé drot dvaint euzoetes su l’coechie, vu qu’i ont fini pair kité àrkëmonché à neu, à lùz uches pi din lùs péres écrans plasmaù d’TV ech leuwairou fachisse !
Achteure, por néthié toute, qu’i lanch’t’ énne bonbe atonmike, os nn’ons pon rinn à fére qu’ale soiche amérikènne, russe, frainchoèse ou nord-coré.ènne ! Qu’i lùz ésplos’t’ eus-mènmes, ed tou sins l’T:ére ale n’ét pu foke ènne granne gayole d-u qu’tout l’monne é-pi s’fènme i lù mil’t’ë l’in-l’oete…
Ej mét in t:ére ech cadabe dë m’vie au pié d’un sé:u, in baù d’un médicamintal mont d’férales pi d’béton. Pi j’àrgrinpe dzeur fameu mont qui inpoute el rache, ch’ét m’po.ézie d’bérnatié qu’ale l’a fét, à-forche eque j’évacu pair min cu ch’brin dezz oetes. Mé laù ch’ét fini ! i kiront chakin lù crote !

In arwettiant chl’huis dech Opital publick ed Sintt-Amand-à-z-ios, le 25.11.2009, inn àcoutant chès volumes 1,2,3 ed « The Little RED BOX of protest songs acaté in séquant ed joers avaint à Cardiff.


Traduction Picarde de l'auteur.

chant vingt-sixième – Jusqu’à plus de huit cents mètres de chez moi

Je n’ai même pas cinquante-quatre automnes et perché au faîte d’un médicamental tas de ferraille et de béton, il me semble que j’évacue par le cul toute la merde des autres, de tous les autres. SENSATIONNEL ! L’épouse, la famille, les collègues de travail – personne ne paraît prendre toute la mesure de l’événement : j’ai obtenu un congé thérapeutique, et pour plusieurs moi ! Les mains nouées derrière la nuque, je regarde non plus autour de moi, mais dans le noir puits où mes pauvres neurones tournent et giclent. Ce soir, perché au faîte de mon médicamental tas de ferraille et de béton, ce que je désire : ne pas lâcher prise, et travailler à corps perdu pour enterrer le long lugubre cadavre de ma vie.
Tant pis pour les « dégâts collatéraux », comme ils disent à la radio, oui, il risque d’y en avoir, mais tant pis : parce que, mézigue, il faut que je sauve ARTH, le grand roi qui est caché en moi. Et donc, j’enterre le cadavre, grande charogne, au pied du tas puant qui monte jusqu’à plus de huit-cents mètres pour s’adosser au mur de chez moi.


J’aurais pu choisir la décharge publique, ou bien le cimetière le long du canal, ou encore l’allée entre l’église et la voie ferrée, mais je les aime trop, ces endroits... On y trouve tout ce qu’on veut, à condition de n’y rien chercher… En conséquence, ce ne serait pas bien de les empuantir avec le cadavre d’une vie.
Adolescent, j’aimais beaucoup courir en short jusqu’ à la décharge, pas seulement pour regarder brûler les grands feux qui puaient atrocement et écouter les yeux fermés, les oreilles grandes ouvertes, se chamailler les mouettes… Aujourd’hui, il n’y a plus de feux, mais des incinérateurs géants, et les mouettes également ont disparu. Mais ça empeste toujours autant, et même d’avantage ! Et on peut toujours, quand on fait le tour en regardant attentivement partout,faire des trouvailles. Face à une trouvaille, je fais toujours la même chose, c’est une sorte de rituel… Je me recoiffe comme pour un rendez-vous amoureux, je crache dans mes mains et je me frotte un bon coup le visage, et enfin je me répète trous fois :
« Ils n’auront pas ma peau ! Et un de ces quatre, tous, là, ils vont bien voir ! »
« Ils n’auront pas ma peau ! Et un de ces quatre, tous, là, ils vont bien voir ! »
« Ils n’auront pas ma peau ! Et un de ces quatre, tous, là, ils vont bien voir ! »



En vérité, enterrer le long lugubre cadavre de ma vie, c’est un désir qui tourne en moi depuis longtemps, tourne sur lui-même. Le qui-que-quoi de cette affaire de cadavre, je n’ai guère le temps de le raconter, sans compter qu’en définitive ça n’arrangerait rien. On ne peut pas perdre son existence pour un cadavre de vie. Non ! Je ne veux pas perdre mon existence pour une chose pareille, juste parce que j’ai dérapé sur une histoire d’amour – qui plus est, une histoire d’amour sans amour ! OK, avec cet amour-là je m’en vais leur refaire le portrait, à eux tous, je vais donner des coups de tête dans tous les 
sens jusqu’à ce que le paysage en soit changé, attendez voir !
Je le sais bien, que déballer mes parties génitales tout en me retournant pour leur montrer mon cul, ça ne servirait à rien de rien. – Ce qu’il faudrait, c’est lancer la GRANDE BATAILLE, L'EXPLOXION, le BOMBARDEMENT, le cataclysme qui déclenchera subitement comme un retour des Panzer divisions ! Ils peuvent préparer leurs carrioles pour partir droit devant eux sur la route, puisqu’ils ont fini par laisser se réactualiser à leurs portes et dans leurs grands écrans TV plasma le loup-garou fasciste !
Maintenant, pour nettoyer tout ça, qu’ils lancent une bombe atomique, nous n’en avons rien à faire qu’elle soit américaine, française ou nord-coréenne ! Qu’ils se fassent exploser, de toute façon la Terre n’est plus qu’une vaste prison où tout le monde surveille tout le monde…


J’enterre le cadavre de ma vie au pied d’un sureau, en bas d’un médicamental tas de ferrailles et de béton. Puis je grimpe sur ce fameux tas qui pue atrocement, c’est ma poésie de vidangeur qui l’a fait, depuis que j’évacue par mon cul la merde des autres. Mais, voilà, c’est fini ! Maintenant ils chieront chacun sa crotte !

En regardant la porte de l’hôpital public de Saint Amand-les-Eaux, le 25.11.2009 et tout en écoutant les volumes 1,2 &c3 de « The little RED BOX of protest songs », acheté quelques jours auparavant à Cardiff.
 

jeudi 6 avril 2017

56 BALENNHES EQUE VLAÙ POU CHALHE MINGUS

QUATRIÈME SAISON - LES CONTES & AUTRES ECRITS

Chant vingt cinquiéme – 

56 BALENNHES EQUE VLAÙ POU CHALHE MINGUS /
/56 BALEINES POUR CHARLES MINGUS.

  1. Chele vrée vie, ch’ét tout rindé-vous, n’y aù mie d’hazard ! Insin, os sommes ech chonck janvié mile-neu-chint-soéchante- / Dis’-neuf. Pi chinchante-sis balènnhes i vièntë lùz échoé / Dzeur ènne plaje dech Méxike pour :éles dévié, pi justëmint / Ch’jour-laù à Cuernavaca, ajèy d’chinkante-siz ans, Chalhe / Mingus i meurt. Muzicièn d’jazz, contërbassisse génial, ch’étoét / Li, l’onme ed « Moins qu’un tchièn » -ed « Moins qu’un tchièn ».

La vraie vie n’est pas que rendez-vous, pas de hasard ! / Comme en ce 05 janvier 1979 / Quand cinquante six baleines viennent s’échouer / Pour agonir sur une plage du Mexique / Et le même jour, à Cuernavaca, meurt Charles Mingus / Compositeur de jazz et contrebassiste de génie. / Il était l’homme du « Moins qu’un chien » -du « Moins qu’un chien ».

  1. Ch’t’à Ngales, Arizona, vil ed soddats jusse à cotèy / Dech Méxike qu’ech vint’deus d’avril mil-neu-chint-vint’ deus / I ét nèy. Quantt ës’ mére Harriet Sophia qu’ale étoét d’inje / Chinoèse, el vlaù moùrue – ch’ preunme dérachmint – li i / N’aù fos qu’sis moés. Din chele banliùe ed Los Angeles, / À Watts , d-u qu’chele famile ale s’avoét àrjiblèye, ack Grace pi / Vivian, sés deux seurs, i s’àrtreuve tout seu ack ech pére.
À Nogales, ville-garnison à la frontière du Mexique, / En Arizona, le 22 avril 1922 / Naissance de Charles Mingus, Quand Harriett Sophia, / Sa mère d’origine chinoise, meurt – premier morcellement - / Il est âgé de 6 mois. Dans la banlieue de Los Angeles, / À Watts où la famille s’est installée, avec Grace et vivant, / Ses deux sœurs, il se retrouve seul avec son père.

  1. Ech pére, Sergeant Charles Mingus, i n’ét mie ed long à s’àrmairié / Mamie Carson, ènne mitan d’Indhiènne, qu’ale avoét djaù / Un fiu, ch’ét :éle qu’ale élève tout l’nichtèye, din chés d-alaches / (Os savez quoè) d’ènne banliùe rézidinciéle qu’ale s’échuche, / Qu’ale viènt un ghetto noér froùmionnant d’monne ; ch’ét laù / Qu’thioùt Chalhe y’ éspériminte ës’ condicion d’nèghe, point ézèy / Inn Amérike, à malèse eque li coére in puck i ét métis’.
Le paternel, Sergeant Charles Mingus, se remarie bientôt. / Mamie Carson moitié indienne, déjà mère / D’un garçon, fait pousser la marmaille dans la dérive banale / D’une banlieue résidentielle qui peu à peu se transforme / En ghetto noir surpeuplé ; c’est là qu’expérimente le p’tit Charles / Sa condition d’homme de couleur, ce qui – in U.S.A – n’est jamais simple / Et encore moins en ce qui le concerne lui le métisse.


À chake coep qu’i s’àrwète din ch’miloé i së dmanne / « Tchèche qu’ej su ? ». Dzeur sin ravizoér i l’voét bièn / Ch’qu’i n’y aü d’afritchin, d’méxitchin, d’aziatike / E-pi mènme un thioùt cose ed chès Blancs : blagj’tèy vnue / D’ènne istoére eque sin pére i avoét tchér ell àrdire / Qu’un d’lius tatayons néghes, bélon, din chés Carolènnhes… / Sié, unn anmoér muchèy ack ènne blonne Su.édoèse.

Chaque fois qu’il se regarde dans le miroir, il s’interroge / « Qu’est-ce que je suis ? ». Sur la face de son visage, / Il discerne des traits de l’Indien, de l’Africain, du Mexicain, / De l’Asiatique et aussi même une certaine part du blanc : / Pâleur en provenance d’une histoire dont se vante son père / Au sujet d’un amour clandestin, en Caroline du Nord, / Entre un esclave noir et une jeune suédoise diaphane.

  1. Chalhe i airoét volu :éte yon ou bin l’oete : mé i ét d’tout – Ch’étant i n’ét d’àrien, ën’ rache, n’poé :i, n’ drapioew / Pi coére puck, din ch’ghetto de Watts, point d’caùmarate. / Tous zz’oetes galmites i voè’të lés coses sans conplikes : / « T’né mènme point ntit treudutchu ed nèghes noér ti ! » / Qu’i li rak’t’. Edjaù « Moins qu’un tchièn ». Chin qu’i aù tchèr / Ch’ét quand qu’ Mamie Carson alle l’inmènne à l’Holiness Church.
Charles désire être, l’un ou l’autre, mais il est un peu tout / Et vraiment de RIEN, sans race, sans pays, sans drapeau / Et surtout, dans le ghetto de Watts, sans ami. / Tous les autres gamins ont une vision plus simple des choses : / « Tu n’es même pas un p’tit bouseux de nègres noirs » / Lui crachent-ils à la face ; -Déjà « Moins qu’un chien » ! / Il aime quand Mamie Carson l’emmène à la Holiness Church.


  1. Laù o n n’dit mie qu’chele muzike ch’t’ènne invincion dech dhiabe, / À l’Holiness Church. Pi chin qu’o cante laù qu’o ju laù / Cha bise tout seu – cha s’sake ack l’émocion, ch’ét tout / Epréssivitèy din ll’inprovizacion… Ech tcheur ed jins / Din s’foùlie i ét rincorchèy ed cinbales, trombones tout chaù… / Chalhe, li, à siz ans acteur i l’ sèy ed quoè qu’i juraù ! / Trombone. Sin pére i vù bin li poéyé sin preunme instrumint.
On ne considère pas la musique comme diabolique / À la Holiness Church. Ce que l’on y chante et joue / Est spontanée : ça roule sur l’émotion, l’expressivité, / L’improvisation… La sauvagerie des chœurs est renforcé / Par l’apport de cymbales, trombones… Charles va avoir six ans. / Il le sait désormais et le veux : Il jouera du trombone ! / Son père accepte de lui offrir son premier instrument.


  1. Ed dis’neu-chint-vint’-huit’ à dis’neu-chint-trinte-deuw / Ch’étant, ech garchon Chalhe Mingus i aprind du trombone / Ed dis’-neu-chint-trinte-deuw à dis’-neu-chint-quarante / I s’mét au violoncelle i carfoule din lés sécrets d’chés cordes / Pi vlaù qu’i passe adonc à l’contërbasse – coutchèy su sn’ anke / Point vréy qu’echl instrumint-la o diroét’n balènnhe ? Chalhe / I prind dz’erchons d’piano, mé chele muzike a l’prind li, toutt.

De 1928 à 1932 / Le jeune Charles Mingus étudie le trombone. / De 1932 à 1940 / Il se met au violoncelle, fouille le secret des cordes / Et passe surtout à l’apprentissage de la contrebasse / - Posée sur le flanc, cet instrument ressemble à une baleine ! - / Il prend des cours de piano. La musiquel’habite et l’habille.

  1. Inthié. Dix neu-chint-quarante, preume ingajmint… I a. oui / Charlie Parker… I inrëjisse sou l’nom ed Baron Mingus… Conter / Bassisse din ll’orkèsse Lionel Hampton… I foét deus diskes à li / Pi tchét din ch’noér saclét… Apré chaù i euve a l’ Poste (conme Bukowski)… / I ju din ch’tri :o Red Norvo… I étanpit ch’labèl Début… Y’écrit « Moins qu’un / Tchièn »… é-pi l’ vlaù « l’inclassable balènnhe sacrèye » dech Jazz
1940, premier engagement professionnel… / Il découvre Charlie Parker… enregistre sous le nom de Baron Mingus… / …Contrebassiste dans l’orchestre de Lionel Hampton… Il déprime / Après avoir enregistré deux disques sous son nom ; / Comme… - un autre Charles ! - …Bukowski, il trouve un emploi dans les postes… / Devient membre du trio Red Norvo… Fonde le label Début… / Ecrit « MOINS QU’UN CHIEN »… devient « l’inclassable baleine sacrée » du Jazz.


En d’autres termes, il y a trois hommes en moi. L’un deux occupe le milieu : Indifférent, impassible, il observe, il attend que les deux autres le laissent s’exprimer et leur dire ce qu’il voit. Le deuxième est comme un animal apeuré qui attaque de crainte d’être attaqué. Et puis il y a un homme doux et aimant, trop aimant, qui laisse autrui pénétrer dans le saints des saints de son être, encaisse les insultes… et qui, lorsqu’il s’aperçoit qu’on l’a possédé, à envie de tuer et de détruire tout ce qui l’entoure, y compris lui-même […]
Ainsi comme MOINS QU’UN CHIEN, le livre de Charles Mingus (1922-1979).

Pou l’dire oetërmint, vlaù : os sonmes troé din mizoete ; ch’ preunme ed chés troé, toudi i rèsse au miyù : froéd, trantchilhe, i àrbè, i atind quë zz’oetes i l’lèch’t’ poepré é-pi dire quoè qu’i voét. L’ti d’apré i ét conme ènne bète épavoedèye qu’ale atake, peur qu’o ll’atake : éle. E-pi i ny’ aù un onme fort dou pi amiteu ed troù amiteu – i lèche tou’m monne rintré au pu anvant d’sin tcheur, p’i s’lèche atuire, é-pi toute… E-pi quand qu’i s’apàrchut qu’i ét d’lèke, y’aglave ed tout bérziyé, d’teué tou’m monne, lizoete avùck […]
Ch’ét conme qu’cha kminche MOINS QU’UN TCHIEN, ech live ed Chalhe Mingus (1922-1979).

Ecrit pair Christian Edziré Déquesnes, ech 22 octobre 2009 à Sintt-Amand-à-ios, pi mé in picard pair Ivar Ch’Vavar.


Notes : 

Charles Mingus : Charles Mingus [1922 – 1979] est un contrebassiste, pianiste et compositeur américain de jazz. Il était aussi connu pour son engagement antiraciste. Il a apporté une contribution majeure au jazz. Sa musique est basée sur l’énergie du bebop et hard bop, aussi avec une forte influence du gospel. Il utilise aussi des emprunts au Third Stream [genre musicale qui synthétise la musique classique et le jazz], au free jazz, du jazz de La Nouvelle Orléans, à la musique classique européenne ou parfois même traditionnelle du Mexique mais tout en créant une musique personnelle dans laquelle l’improvisation collective a une place extrêmement prépondérante. Charles Mingus composait ses parties de bases instrumentales en tenant compte des qualités de ses musiciens, ce qui le rapproche des méthodes d’écritures de partitions de Duke Ellington pour lequel il avait une profonde admiration.

Holiness Church : Signifie Eglise de la sainteté.

BAZOOKA JOE

SAISON QUATRIEME : LES CONTES & AUTRES TEXTES


PROLOGUE QUATRIEME -bis.  

B A Z O O KA  J O E
...Donnez-moi/Donnez/
Que je puisse décrire nos temps d'intempéries/
Donnez-moi/Donnez/
Le juron la tempête le cauchemar et l'amour /
Donnez-moi/Donnez...
Dusan Matic

À Arno Hintjens

Souvent NOUS roulions vers la Belgique toujours pour la Flandre quatre juillet dix neufs cents quatre vingts un coups de torgnoles dansantes de par dix doigts déchaînés agiles sur lignes de cordes de basse pour sans avis de passage rafales en continu de tempête électrique en pleines faces Zabeth, Casque d'Or mon jeune frère Frousel le garçon de Paris et nulle part qui finira pendu sous un banc une nuit en voulant se protéger de la pluie Shakedown Pilard de Zuydcoote... Tous en déroute pour découvrir sur la scène d'un festival estival ostendais tous ces groupes rocks d'un temps que l'on écoute en corps à fond de fond... Déjà pour moi sur l'affiche en préférence des Irlandais : The Undertones inouies saturations grinçantes presque à contre courant de la guitare aux riffs hyper-tranchants d'un destroyeur mélodique sapé comme un discipliné jeune employé de banque Sans docilité le programme ouvre le festival de par le feu d'un improbable gang flamand tout un équipage ostendais qui taille et tiraille de la Musique vers la foule avec à sa tête pareil à Till l'espiègle un chanteur sans économie à aller de front dans l'arène tel à un fougeux jeune taureau indiscipliné façon Peter Pan en rut – ARNO HINTJENS – Il NOUS assaille façon Amour en coït profond car on est tous des sœurs tous des frères ! Dans tous les sens il NOUS offre une baise cérébrale : ' C'est la Musique pour le cul et la tête, ensemble ! ' T.C MATIC le groupe qui fait corps avec sa voix est idem à une Ford Mustang synthétiques nappes de touches noires et blanches qui tissent en stridences les couleurs d'un grand strip-tease d'un bouquet de chansons démaquillées dont les chairs sont à vif rien n'est là pour rassurer la marquise apaiser le désaxé le pur sang est à la fois sous et sur les jupes d'un dérèglement dans le coral du rock La Ford Mustang distinguée et furibonde conduite de manière impériale par Steve Mc Queen et elle dévale la tonnante rutilante princesse au travers des rues de San Francisco au beau milieu du thriller Bullit les tambours et les cymbales cognent raides précis et justes à faire supprimer toute hantise à désirer battre du pied devant cette déferlantes de fièvres bouillonnantes sans coups de freins pourtant cela crisse comme pneus torturés sur l'asphalte Eh béh ! Oui donc O la la la ! La voilà l'extra-prenante sur-ordinaire ' Musique pour le cul et la tête Ensemble ' de l'innattendu T .C Matic dansant de par toute la mer de mon corps en basses et aïgues je suis passé en haute altitude au delà de la brume méduse paralysante du grand froid j'appréhende sans le savoir la salutaire signification de la toile de blues en camouflage Je suis tout 'estabodi' par le dandy céleste Arno le flamand bleu d'Ostende C'EST BAZOOKA JOE... [titre du premier enregistrement du groupe sur une 'complication' de vinyle à but promotionnel en faveur de rock fabriqué en Belgique]... rageur et surréaliste Arno délivre sa tripes ardentes décavées blues toute dehors et balancées aux faces de la farce d'une foule ébahie le cirque sur la scène est une longue épilepsie collective et électrique c'est telle une longue déchirure qui grimpe vers les cieux en moi la naissance d'une émotion primale que je ne vais retrouver qu'une dizaine d'années de plus dans le sac de mon sang au cours de mon errance – deux août dix neufs cent soixante cinq au beau milieu de l'exposition rétrospective à la fondation Maeght consacrée aux 'horreurs' sublimes peintes par Lucien Freud et Francis Bacon dévidant du cri localement la plaie emprisonnée dans la cage du thorax qui enserre le cœur du bébé bleu qui crève Ouest en Est cherchant l'horizon ouverte ses Flandres sur le monde Puis l'un des jours à la suite de cette révélation 'devaller' jusqu'à Kortijk/Courtrai histoire de 'démucher » le mirifique toniturant disque quarante cinq tours O LA LA LA C'est magnifique ! Du T.C MATIC flamand et de leur chanteur d'Ostende qui entrent bousculant mon existence avec un premier concert le quatre juillet dix neuf cents quatre vingt un [il y en aura et en corps tant d'autres !] alors j'ai cette conviction comme une certitude d'acier qu'il ne peut en être autrement que tantôt et même si c'est bien plus tard ARNO HINTJENS sera bien plus qu'un grand valable célèbre pour tout le 'bazar' ' Quel BAZAAARR !' comme il aime à le dire et déployer balises balancées sans avis vers ceux qui hoquettent ensangloté sans bouée, ni ceinture de sécurité, à une vie d'émotions autres... désire d'elle et il fraternels

Note : 

Arno Hintjens : Né en 1949 à Ostende, chanteur auto-composition, originaire d’Ostende, qui est à l’origine du fabuleux groupe belge T.C. Matic. Par la suite sous le simple nom d’Arno, il poursuit une remarquable atypique carrière solo.


dimanche 26 mars 2017

ADDEWID BOB ADDEWID

SAISON QUATRIEME – LES CONTES & AUTRES TEXTES


PROLOGUE QUATRIEME : 
COMME UN ROUGE DE FRANCIS BACON - Version deux.
'ADDEWID BOB ADDEWID'
À Jennifer Abell,
à Clément Déquesnes.


Me voilà, seul, dans l’électricité d’une nuit historique. Me voilà, dans l’électricité d’une nuit unique. Seul. (Bientôt au cœur de La Baie du Tigre au cœur du Dragon Rouge) Me voici de retour et renaissant – ICI LÀ – Comme un rouge à la Francis Bacon. Jennifer « Addewid bob addewid – Une promesse est une promesse ». Je rapporterai ma carcasse dans le rouge vif du coucher de soleil à la simple et juste mesure de nos tendres rendez-vous. (Sans peine aucune je devine l’évidence de cette réalité) C’est une jolie nuit qui danse, en ma chair, pour toujours car la jeune femme avance jusqu'à la fin des fins, au-delà des quais de La Baie du Tigre. Au matin bruine la brume… Il y a des instants qui font le feu… (et qui chantent la passion) Il y a des heures qui font le feu comme un rouge à la Francis Bacon. Jennifer « …Comment nomme-t-on ceci addictive en français ? ». Tous les instruments de musiques, cette nuit, sonnent de la beauté. Tous les instruments de musique résonnent mieux que Dieu et Diable à l’unisson par-delà les murs, le plafond et le plafond du lieu de la cérémonie du récital de l’homme à tête de cheval. 
Je désire maintenant suivre ton cœur si tôt à l’aurore la fille caresse les joues de sa mère et que vous ne nous donner plus une explication trop complexe à l’annonce de cette récompense. From Bay-Tigger, des braises rouges au fond de mes sacs, je revisite avec les complicités de deux jeunes noctambules, les rues de nuits animées de Cardiff, dans un pub ivre et bruyant du centre-ville avec la simple saveur tendre d’une Guiness tiède tapissant les souvenances de ma carcasse. Seul. De passage, ré-apparition, in London à Victoria-Station, toujours à l’angle extérieur du même pub que jadis, - ICI LÀ - . J’attends, assis là, avec moi-même. Comme CELA est mystérieux, je me regarde passer dans l’autre sens avec mon fils… Et courant vers des feux rouges et gallois.


Notes : 

Bacon (Francis) : Voir note du lexique dans le chant 6.

Bay Tigger : Voir note du lexique dans le chant 6.